Sauver la Chapelle Darblay : notre responsabilité collective

23 mai

Usine nouvelle

A Grand-Couronne, l’usine presque centenaire de la Chapelle-Darblay recycle chaque année 350 000 tonnes de papiers et cartons issus du tri collectif pour les transformer en 250 000 tonnes de papier journal pour la presse et l’édition. Le site est crucial pour le recyclage français, sa production représentant 50 % de la consommation française de papier journal. De plus, il contient une chaufferie biomasse ayant la capacité de chauffer l’équivalent d’une ville de 20 000 habitants et une station d’épuration pouvant subvenir aux besoins de 400 000 habitants. Reprise dans les années 80 par UPM, une société finlandaise, elle compte encore à ce jour 236 salariés malgré un plan social en 2015 qui avait engendré le licenciement de plus de 170 salariés.

Usine nouvelle 2

Mise en vente par UPM en septembre 2019, la jugeant pas assez rentable en raison de la forte baisse de la demande de papier journal (diminution constante des tirages des journaux imprimés), elle a déclenché un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) début février, PSE qui doit se terminer en juin. UPM écartant toute reprise par un concurrent potentiel, il n’y a malheureusement, suite du retrait de son offre de reprise par le cartonnier belge VPK, aucun repreneur à l’heure actuelle. On se dirige donc vers la transmission à l’Etat d’un plan de sauvegarde de l’emploi le 15 juin prochain et en conséquence le licenciement des 236 salariés et par ricochet de près de près de 1 000 emplois indirects. Une catastrophe économique et sociale pour notre Métropole. Au niveau national, cette fermeture ne serait pas sans conséquences. En effet, le recyclage français du papier deviendrait presque inexistant et nous dépendrions de nos pays voisins, mais aussi du Canada et de la Scandinavie. Ces-derniers privilégieront leurs propres déchets, laissant peu de place aux nôtres, ce qui nous contraindra à en être réduit à devoir brûler ou enfouir nos vieux papiers et à nous obliger à devoir importer notre papier journal. De plus, le tri collectif perdra sa raison d’être, devenant un stockage inutile amené à être détruit, une ineptie écologique.

France 3

Ce drame a jusqu’ici suscité peu de réactions des politiques, excepté une visite sur site par Jean-Michel Bérégovoy dans le cadre des municipales et un courrier au Premier ministre du 12 mai dernier des parlementaires communistes de notre département et du maire de Grand-Couronne pour lui demander de sauver la papeterie. Ils ont proposé une reconversion temporaire de l’usine pour l’affecter à la production de masques de protection dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Force est de constater qu’à défaut d’une offre de dernière minute, peu probable dans le contexte actuel, par un industriel, une reprise en main, au moins de façon temporaire par l’Etat, idéalement épaulé par la région et la Métropole, apparait comme la seule solution pour pérenniser le site. Bercy étudierait une nationalisation temporaire mais rien ne filtre alors que le temps presse, le couperet tombant dans trois semaines. Nous devons faire pression collectivement pour qu’un engagement soit pris, conformément à ce que l’Etat envisage dans d’autres secteurs dans la crise que nous traversons. A l’heure où une unanimité se dégage sur l’impérieuse nécessité de relocaliser, nous ne pouvons laisser périr un fleuron de notre industrie.

Photos : © Usine nouvelle et France 3

Pas encore de commentaire

Laisser une réponse

Dans la chaleur des news |
CMS Informatic - Expert en ... |
Victoriacollecpe |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Yelenacpe
| Jean2200
| Comptabiliteetpaie