Sauver la Chapelle Darblay : notre responsabilité collective

23 mai

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A Grand-Couronne, l’usine presque centenaire de la Chapelle-Darblay recycle chaque année 350 000 tonnes de papiers et cartons issus du tri collectif pour les transformer en 250 000 tonnes de papier journal pour la presse et l’édition. Le site est crucial pour le recyclage français, sa production représentant 50 % de la consommation française de papier journal. De plus, il contient une chaufferie biomasse ayant la capacité de chauffer l’équivalent d’une ville de 20 000 habitants et une station d’épuration pouvant subvenir aux besoins de 400 000 habitants. Reprise dans les années 80 par UPM, une société finlandaise, elle compte encore à ce jour 236 salariés malgré un plan social en 2015 qui avait engendré le licenciement de plus de 170 salariés.

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Mise en vente par UPM en septembre 2019, la jugeant pas assez rentable en raison de la forte baisse de la demande de papier journal (diminution constante des tirages des journaux imprimés), elle a déclenché un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) début février, PSE qui doit se terminer en juin. UPM écartant toute reprise par un concurrent potentiel, il n’y a malheureusement, suite du retrait de son offre de reprise par le cartonnier belge VPK, aucun repreneur à l’heure actuelle. On se dirige donc vers la transmission à l’Etat d’un plan de sauvegarde de l’emploi le 15 juin prochain et en conséquence le licenciement des 236 salariés et par ricochet de près de près de 1 000 emplois indirects. Une catastrophe économique et sociale pour notre Métropole. Au niveau national, cette fermeture ne serait pas sans conséquences. En effet, le recyclage français du papier deviendrait presque inexistant et nous dépendrions de nos pays voisins, mais aussi du Canada et de la Scandinavie. Ces-derniers privilégieront leurs propres déchets, laissant peu de place aux nôtres, ce qui nous contraindra à en être réduit à devoir brûler ou enfouir nos vieux papiers et à nous obliger à devoir importer notre papier journal. De plus, le tri collectif perdra sa raison d’être, devenant un stockage inutile amené à être détruit, une ineptie écologique.

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Ce drame a jusqu’ici suscité peu de réactions des politiques, excepté une visite sur site par Jean-Michel Bérégovoy dans le cadre des municipales et un courrier au Premier ministre du 12 mai dernier des parlementaires communistes de notre département et du maire de Grand-Couronne pour lui demander de sauver la papeterie. Ils ont proposé une reconversion temporaire de l’usine pour l’affecter à la production de masques de protection dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Force est de constater qu’à défaut d’une offre de dernière minute, peu probable dans le contexte actuel, par un industriel, une reprise en main, au moins de façon temporaire par l’Etat, idéalement épaulé par la région et la Métropole, apparait comme la seule solution pour pérenniser le site. Bercy étudierait une nationalisation temporaire mais rien ne filtre alors que le temps presse, le couperet tombant dans trois semaines. Nous devons faire pression collectivement pour qu’un engagement soit pris, conformément à ce que l’Etat envisage dans d’autres secteurs dans la crise que nous traversons. A l’heure où une unanimité se dégage sur l’impérieuse nécessité de relocaliser, nous ne pouvons laisser périr un fleuron de notre industrie.

Photos : © Usine nouvelle et France 3

Une urgence : adapter la charte des terrasses à Rouen

17 mai

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Le déconfinement est un accélérateur des changements dans nos villes, comme on vient de le voir pour le traitement de la place du vélo à Rouen. Il nous oblige à nous réinventer, ce qui peut être dans certains cas une bonne chose. Si tout va bien, les cafés et les restaurants rouennais vont enfin pouvoir rouvrir le 02 juin. Une délivrance, tant pour les commerçants dont l’activité a été foudroyée, mettant en péril leur existence même, que pour nous habitants, ces lieux étant essentiels pour le lien social et les loisirs. Exploitants comme clients vont devoir  s’adapter afin de respecter les règles sanitaires incontournables pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, notamment la distanciation sociale. La profession a depuis plusieurs semaines, engagée une réflexion et dégagé plusieurs pistes : installation de paravents entre les clients, disposition des plats sur une table d’appoint à proximité afin que le serveur n’ait pas besoin de s’approcher trop près des consommateurs….

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Une ville qui a réouvert ses établissements depuis plusieurs semaines s’est vite imposée comme un modèle en la matière : Vilnius, la capitale de la Lituanie. Elle a décidé d’allouer une partie de ses espaces publics aux cafés, bars et restaurants pour leur éviter la faillite et leur permettre d’accueillir le plus de monde possible. Constatant que pour beaucoup d’entre eux, c’était très compliqué de respecter la règle de distanciation de deux mètres dans leurs salles, le Maire, avec le soutien de la population, a décidé de transformer la ville en un immense « café à ciel ouvert ». Il a ainsi accordé près de 300 autorisations temporaires de terrasses et les a offertes gratuitement. En parallèle, il a mis à disposition 18 espaces publics en plein air (squares, rues ou places piétonisées temporairement) pour l’installation de terrasses supplémentaires. En prévision de la pluie, il a suspendu provisoirement la charte de la ville et autorisé plus de souplesse dans l’utilisation de parasols, invitant les établissements à éviter les couleurs vives. Grâce à ces mesures, les cafés et restaurants ne désemplissent pas. Devant servir uniquement leurs clients en terrasse, ils disposent chacun d’un espace nettement agrandi afin de pouvoir respecter la distance de deux mètres entre chaque table. Il a également offert aux personnels de santé de la capitale des bons de restauration d’une valeur de 400.000 euros, en signe de reconnaissance mais aussi d’encouragement à consommer. Plusieurs villes comme Paris, Montréal ou San Francisco comptent s’inspirer de cette réussite.

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La ville de Rouen s’est dotée d’une charte des terrasses qui règlemente les occupations commerciales sur le domaine public et un arrêté municipal en date du 22 octobre 2013 réglemente le mobilier installé sur le domaine public (tables, chaises, parasols…), les enseignes commerciales et publicitaires, le fonctionnement des terrasses (horaires, musique, entretien…), leur agencement … Il est essentiel de la modifier, au moins de façon temporaire, pour permettre aux établissements de fonctionner en s’adaptant aux difficultés actuelles et de surmonter cette crise. Certes, cette crise va modifier les habitudes et les attentes des clients, qui vont à juste titre, vouloir que les restaurateurs privilégient les produits locaux et les circuits courts et développent leurs services de livraison, mais l’envie de convivialité et de lieux de rencontre restera elle inchangée.

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#PasSansPN

3 mai

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Le quotidien régional Paris-Normandie a une place à part dans notre patrimoine et dans notre histoire collective et ce, depuis 1944, date de sa fondation. Depuis plusieurs années, il est malheureusement confronté à de très importantes difficultés économiques (7 millions d’euros de dette) et a connu trois procédures judiciaires depuis 2012. Diffusé à un peu plus de 41000 exemplaires, il compte environ 22500 abonnés papier et 1500 abonnés web.

La crise du Covid que nous traversons a démultiplié ses ennuis financiers, mettant son existence en péril, les ventes au numéro s’effondrant et les annonceurs, n’y ayant presque plus recours (le journal aurait perdu près de 90% de ses revenus liés à la publicité). Les effets ont été immédiats : le journal est passé pendant le confinement de 7 éditions régionales à une édition mutualisée et de nombreux salariés (l’effectif s’élève à 213 personnes) se sont retrouvés en chômage partiel. Le 11 avril, la Direction a informé par mail ses salariés de sa volonté de demander la mise en liquidation judiciaire avec une poursuite de l’activité de sa régie publicitaire (RNP) et de sa société éditrice (SNIC). Le couperet est malheureusement tombé le 21 avril dernier, le tribunal de commerce de Rouen prononçant la liquidation du quotidien régional avec une prolongation d’activité de trois mois.

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La survie du journal et de ses emplois doit devenir notre priorité à tous, habitants, collectivités territoriales, entreprise, monde associatif… Même s’il est probable qu’il y aura un repreneur (la dette étant annulée), l’ »homme providentiel » n’existe pas, comme on l’a vu récemment et c’est bien de ses lecteurs et surtout de ses abonnés que dépendra sa survie et sa pérennitéIl est primordial que nous assurions massivement de notre soutien les salariés et le journal pour les aider à se relancer. Ils ont les outils, le professionnalisme et la volonté pour se réinventer, notamment sur les aspects numériques. Pour ce faire, nous pouvons nous abonner (via le site internet www.paris-normandie.fr ou le service abonnement joignable au 02 35 14 57 57) ou l’acheter le plus souvent possible, notamment lors de nos sorties pendant ce confinement, les tabacs et maisons de la presse le vendant et ce d’autant plus que la couverture de la crise que nous traversons est exemplaire.

 Soutenons-les !

A Rouen, la culture pour « adoucir » le confinement

9 avr

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Selon un récent sondage, pour plus de la moitié des français (53%), la consommation de produits culturels est l’activité la plus indispensable à leur équilibre pendant le confinement, devant le sport (40%) et les activités manuelles (39%) et ce, toutes tranches d’âges confondues. Les vecteurs sont multiples : séries via des plates-formes, films, lecture, peinture, concours de photos en ligne… On peut saluer le volontarisme des acteurs culturels et des artistes qui, à défaut de public réel, foisonnent d’idées pour éveiller notre curiosité et nous divertir. Rouen, n’est pas en reste, de nombreuses initiatives se sont développées chez nous, s’appuyant sur les nouvelles technologies et la créativité afin d’humaniser notre confinement. Voici quelques illustrations :

La bibliothèque du conservatoire propose des ressources numériques accessibles à tous gratuitement dans de nombreux domaines artistiques : musique, danse ou théâtre pour se cultiver à la maison sur son site : conservatoirederouen.fr

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Roxanne Chaussalet, récemment diplômée des Beaux-Arts expose les œuvres qu’elle réalise chez elle pendant le confinement à ses fenêtres, pour ses voisins et les rares passants qui vont faire leur course. Son compte Instagram reprend ses créations.

artiste-rouen-854x448 (©Sabine Mabille, Actu76)

Une professeure d’arts plastiques du collège Georges-Braque a invité les habitants des Hauts-de-Rouen à décorer leurs bords de fenêtres, terrasses et balcons avec le projet #C’estbeaudeloin. L’idée est d’y suspendre des œuvres en tissu, en papier ou autre matériau. Des photos peuvent être envoyées au mail suivant : celine.delabranche@ac-rouen.fr en vue d’une exposition virtuelle parallèle. Le rectorat de Normandie s’est joint au projet et le propose aux collégiens et lycéens. Il a fixé le vendredi 10 avril 2020 (demain), comme premier jour d’exposition. Les œuvres devront être accrochées depuis une fenêtre, un balcon, un jardin, bref, pour être visibles depuis l’extérieur.

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Le centre dramatique de Rouen propose du théâtre gratuitement en streaming, notamment des pièces mises en scène par David Bobée. Disponibles gratuitement pendant 7 jours, Hamlet, Lucrèce Borgia ou Roméo et Juliette ont ainsi été déjà visibles. Le CDN offre également une carte blanche à un comédien une fois par semaine pour la lecture d’un texte ou un extrait d’un de ses spectacles.

David-Bobee-10point15-6970_03 (©10points_15)

Plusieurs librairies rouennaises fermées au public comme l’Armitière ou Funambules  ont mis en ligne des livres en version numérique, y compris de bandes-dessinées, via le site de Canal BD

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Lucie Vagenheim, l’ex-candidate rouennaise de The Voice propose aux confinés de participer à distance à son nouveau clip. Une centaine de personnes y participent déjà après avoir reçu par voir électronique la rythmique.

lucie (©Paris-Normandie)

Axel Willem, pianiste et professeur au conservatoire de Rouen, donne des cours à distance à ses élèves. Ils lui envoient leurs morceaux par vidéo ou par audio et il les coache à distance. Sur sa page Facebook, il publie chaque jour un morceau, une œuvre de Beethoven ou des compositions plus récentes telles celles de Yann Tiersen.

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L’Opéra de Rouen retransmettra vendredi 10 avril 2020 à 21h (demain) le Barbier de Séville de Rossini, sur sa page Facebook et sur le site Web de France 3 Normandie 

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Confinement, multiplication des actions de solidarité à Rouen

6 avr

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La période de confinement appelle à inventer de nouvelles formes de solidarités afin d’aider les plus fragiles, d’entretenir les liens et de soutenir les initiatives locales. Faisant preuve de beaucoup d’ingéniosité, de débrouillardise et surtout de générosité pour faire face à la crise sans précédent que nous rencontrons, voici 10 exemples rouennais parmi tant d’autres:

Les étudiants de l’Université de pharmacie se sont lancés dans la fabrication de gel hydroalcoolique pour approvisionner les soignants et les aider dans le travail fabuleux qu’ils réalisent.  Plus de 150 professionnels de santé de notre agglomération en ont à ce jour profité. 

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Mohammed Bais, un boulanger installé au 88, rue de la république offre le petit-déjeuner (viennoiserie et café) aux soignants et aux secours mobilisés contre le coronavirus tous les matins (médecins, aides-soignants, infirmiers, pompiers, forces de l’ordre,  militaires). 

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Trois infirmières et aides-soignantes ont pu bénéficier, grâce aux réseaux sociaux, du prêt gratuit d’un appartement meublé situé à 5 minutes à pied du CHU afin de leur permettre d’éviter de longs déplacements. 

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Actu 76 a mis en place un système pour transmettre des messages de soutien aux soignants de Seine-Maritime (textes, dessins…).

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Les bénévoles de L’Autobus et d’autres associations effectuent tous les soirs des maraudes afin de distribuer des repas, mais aussi apporter du réconfort aux sans-abri.

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Pour rompre l’isolement, les visites des familles aux résidents étant interdites, plusieurs Ephad ont (le plus souvent via Skype), organisé la possibilité de mise en place de contacts vidéo, un animateur aidant la personne dépendante pendant la conversation avec ses proches.

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Pour aider les sans-abris et les personnes en difficultés, la Ville a transformé les boîtes à lire transformées en “garde-mangers”. Il est possible d’y déposer des denrées non périssables (pâtes, biscuits, boîtes de conserve…) … Si vous souhaitez déposer des denrées, voici les consignes à respecter :

  • Les denrées doivent être de longue durée de conservation et conditionnées dans des emballages non ouverts (pas de produits frais ni entamé). Les boissons alcoolisées sont interdites.
  • Les denrées doivent être séparées des livres : installer la nourriture sur une des étagères et regrouper les ouvrages sur la seconde.
  • Respecter les consignes de sécurité conseillées en cette période, notamment le lavage soigneux des mains avant et après avoir rangé les denrées.

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Sauvage Immobilier, une agence immobilière met gratuitement à disposition des logements pour le personnel soignant. Elle prend tout en charge avec le propriétaire pendant la période de l’épidémie (assurance, énergies, gratuité du loyer et des charges).

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La plateforme Dolipharm, une startup de notre région va lancer un programme de livraison gratuite médicaments sur ordonnance pour éviter les déplacements.

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#PourEux, un mouvement citoyen né sur Facebook à Lyon depuis le début du confinement a débarqué à Rouen. L’idée est de venir en aide aux sans-abris en mettant en relation des citoyens qui cuisinent à la maison et des personnes qui viennent livrer ces repas aux sans-abris. Cela permet de leur apporter  des paniers repas mitonnés par des habitants Ils envisagent la possibilité de donner des produits d’hygiène et des livres sous les bannières #poureuxhygiène et #Poureuxculture.

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Rouen doit renforcer son offre d’hôtellerie de luxe

19 fév

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Dans ce domaine, on part de loin, de très loin même. Presque de zéro. Ajouté à l’absence d’un véritable palais de congrès, la faiblesse de l’offre d’hôtellerie de luxe rendait jusqu’ici impossible toute tenue de salons et évènements d’envergure, facteurs pourtant essentiels pour améliorer l’attractivité de notre ville. Depuis quelques temps, à la suite de l’Hôtel de Bourgtheroulde, on voit enfin émerger une offre, ce qui était réclamé depuis longtemps par les acteurs du tourisme. Le mouvement est en cours avec notamment la réouverture récente de l’Hôtel de Dieppe, institution emblématique de notre ville depuis 1880, dont les travaux visent à lui redonner son standing d’antan (il a longtemps été longtemps classé 3 étoiles).

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Plusieurs établissements de prestige sont attendus. Non loin de la gare, à côté de la Tour Jeanne d’Arc, un 4 étoiles franchisé Radisson Blue, conçu par CBA architecture, devrait prochainement contenir 90 chambres dont 9 suites, un restaurant et un espace séminaire. A plus long terme, un autre 4 étoiles viendra enrichir le parc hôtelier en 2021 sur le site de l’ancienne École normale d’institutrices, située route de Neufchâtel. Cette future franchise du groupe Hyatt comprendra sur les 11 000 m² de surface du terrain, quatre espaces distincts :  un hôtel quatre étoiles doté de 78 chambres, d’un spa et d’un restaurant / un ensemble de bureaux sur 6 000 m² / un parking mutualisé de 177 places, dont 50 pour les clients de l’hôtel / un parc urbain réservé aux clients de l’hôtel et aux salariés des entreprises installées sur le site. 

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Le développement de l’offre haut de gamme est un des facteurs du développement touristique de la ville, notamment via le tourisme d’affaire. Nous devrions à ce titre nous inspirer de Bordeaux qui a, pour promouvoir le tourisme d’affaires, initié un Club d’ambassadeurs de l’attractivité composé de personnalités universitaire, scientifique et économique. Les Collectivités doivent soutenir cet élan. En parallèle, il conviendra de mieux accompagner et surtout de renforcer l’hôtellerie classique. Pour rappel, dans la Métropole, 1 047 570 nuitées ont été comptabilisées en 2017, dont 26% par des personnes étrangères. Le taux d’occupation en 2106 s’élevait à 62,20% avec une durée moyenne de séjour de 1,50 jours en 2017.

Redynamiser les jardins partagés à Rouen

11 fév

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Les jardins partagés ne sont pas à proprement parler un dispositif, ce sont des actions d’initiative locale portées par des associations, des municipalités (via des régies de quartier), des collectifs d’habitants. Le réseau national des jardins partagés en dénombre plus de mille. On peut distinguer les jardins familiaux, terrains divisés en parcelles, affectées par les collectivités territoriales ou par les associations à des particuliers y pratiquant le jardinage pour leurs propres besoins et ceux de leur famille et les jardins d’insertion, créés ou utilisés en vue de favoriser la réinsertion de personnes en situation d’exclusion ou en difficulté sociale ou professionnelle. Ils ont rencontré un grand succès jusqu’à la fin de la première guerre mondiale avant de décliner. Le mouvement des jardins communautaires arrivé en France dans les années 90 où des citoyens ont investi des friches et espaces abandonnés les a relancés. Ces lieux de proximité, cultivés en commun, se sont transformés progressivement en jardins, affirmant leur dimension sociale, collective, participative, éducative, pédagogique et écologique.

Les jardins familiaux sont régis par cinq codes : rural, expropriation, urbanisme, construction et habitat. Ils sont dotés d’un statut légal depuis le milieu du 20ème  siècle.  La principale loi relative à la création et à la protection des jardins familiaux, dite loi Royer, date du 10 novembre 1976, complétée par un décret d’application du 30 novembre 1979 (décret n°791026). Elle favorise la création de jardins familiaux et leur apporte une protection supplémentaire en accordant aux SAFER (sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural) et aux collectivités locales le droit de préemption pour acquérir et aménager ces jardins. Aujourd’hui, le cadre légal des jardins collectifs est défini par les articles L.561-1, L.561-2 et R.561-1 du Code rural. Selon ces articles, les jardins familiaux sont « des jardins créés ou animés collectivement, ayant pour objet de développer des liens sociaux de proximité par le biais d’activités sociales, culturelles ou éducatives, et accessibles au public. ». Ils doivent être gérés par des associations loi 1901 qui ont pour but de créer, d’aménager et de gérer des parcelles mises à leur disposition par des collectivités publiques, semipubliques, par des organismes logeurs ou par d’autres propriétaires. Moyennant une cotisation annuelle, ces jardins sont confiés à des jardiniers amateurs.

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Les objectifs des jardins partagés sont multiples :

  • renforcer les liens sociaux
  • améliorer le cadre de vie
  • redonner un point d’appui aux personnes en difficulté
  • permettre des échanges entre personnes d’origine géographique, de milieux sociaux et d’âges différents autour d’une passion commune : le jardinage
  • donner un accès à un jardin pour les personnes vivant en appartement ou ne disposant pas d’extérieur (terrasse, balcon…)…
  • préserver des espaces verts en ville favorable à la biodiversité (abeilles, coccinelles, papillons…). Ils permettent aussi de développer la trame verte et de mettre un peu de verdure au milieu d’un espace trop urbanisé, trop minéral.

Ouverts à tous, lieux de partage et déchange, beaucoup de ces lieux organisent des animations: cafés botaniques, ateliers ludiques pour les enfants, ateliers rempotage, trocs de plantes…

Si les jardins partagés se développent sur tout le territoire, beaucoup sont implantés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Certaines villes ont eu des politiques proactives pour assurer leur essort. Le Grand Lyon a lancé la démarche « Jardinons Grand Lyon » dès 1996.  L’agglomération compte 2.500 jardins partagés. La Métropole travaille avec une association dédiée, « Passe-jardins », financée par la région et le département, qui  coordonne les actions : signature de la charte du jardinier écoresponsable, animation, distribution de semences locales. L’agglomération a même pérennisé ces jardins dans son plan local d’urbanisme (PLU). A Brest, la ville utilise les pelouses, les parcs des maisons de retraite et, depuis 2010, un tiers des jardins publics sont consacrés aux jardins partagés. C’est une véritable relecture de la ville. Dans le cadre de la charte « Main verte » mise en place en 2003, la ville de Paris fournit divers aménagements (terre végétale, adduction d’eau, clôture, cabane, terrassement, etc.). « Jardinons nos rues » est un dispositif mis en place par la Ville de Grenoble qui offre la possibilité de créer des espaces de jardinage collectif sur la voie publique (aux pieds des bâtiments, sur les trottoirs,…) et dans les parcs.  La Ville met gratuitement à disposition du porteur de projet un espace dans lequel il est possible de planter des légumes, fleurs, arbustes, plantes aromatiques ou grimpantes… La demande de projet doit être conforme à la charte des jardins urbains de la Ville de Grenoble et le porteur s’engage à entretenir l’ espace. La ville se réserve le droit de refuser une demande si celle-ci ne répond pas à des critères fonciers (demande sur un espace privé) ou techniques (contraintes d’accès ou de réseaux révélés par l’étude de faisabilité). Pour faciliter les démarches, la Ville a également recensé certains espaces publics qui paraissaient intéressants à cultiver

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A Rouen, les espaces collectifs sont conçus et entretenus par des associations d’habitants d’un quartier, ces-dernières doivent signer la charte du jardinage urbain qui engage les signataires dans trois démarches : création de lien social, respect de l’environnement et embellissement de l’espace public. Implantations et associations de jardinage urbain :

Jardin partagé de la Lombardie « Les Hauts sèment » situé à proximité du Centre social Pernet*

Verger participatif du Vallon situé à la Grand’Mare

Jardin partagé de Repainville géré par l’APSNR (Association de Protection du Site Naturel de Repainville)

Fil vert, association Village Croix de Pierre

Jardin partagé de la Croix d’Yonville, association « A l’Ouest, cultivons ! »

Jardin partagé du Square Maurois, situé  à proximité du Museum, association « Rougemare Beauvoisine »

Jardin partagé « Jardin de Félix« , Grammont, association Maison des Loisirs Dévé

Jardin partagé du Parc Grammont, association Les mille et une saveurs

Jardin partagé de l’Astéroïde, près du Stade saint-Exupéry, association pour la Gestion de l’Astéroïde du Petit Prince

Jardin partagé « Les jardins de Charlotte« , près du Centre Municipal Charlotte Delbo

Jardinières partagées du Mail Pélissier, association Rouen Cité Jeunes, Maison des Jeunes et de la Culture Rouen rive gauche

Jardinières partagées de la Grand’Mare

Jardin partagé Marguerite Messier, au pied de l’immeuble Jumièges, Association Jardin’Âge

Jardin partagé du Square guillaume Lion, situé entre les quais de Paris et la Halle aux Toiles, association Bouillons Terres d’Avenir en partenariat avec Incroyables Comestibles

Des pistes sont à initier pour mieux les inscrire dans notre paysage :

  • Soutenir la formation de l’ensemble des jardiniers
  • Développer le compostage avec la création de points de composts collectifs sur le domaine public avec l’appui d’associations afin de s’assurer de leur entretien régulier. Ce compost pourrait être utilisé sur les jardins publics ou privés, ainsi que sur les jardins partagés.
  • Encourager la création de lieux dédiés sur le domaine public

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Doter Rouen d’une signalétique efficace

8 fév

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La signalétique est apposée sur des murs, au sol ou sur des panneaux pour informer, guider et faciliter l’orientation et les déplacements dans l’espace public. Parfois bilingue ou multilingue, elle formule des autorisations, recommandations ou interdictions d’actions concernant des lieux ou des cheminements. Pour être efficace, elle doit être à la fois lisible, pérenne, judicieusement implantée et originale. Les problématiques de durabilité et de protection contre le vandalisme doivent être prises en compte.  La plupart du temps, provenant des catalogues des fabricants, elle  est assez banale dans sa forme : panneaux à petites lattes signalant les principaux services et commerces, panneaux déroulants aux entrées de ville, totems avec jardinière intégrée… Elle peut prendre différentes formes :

  • La table d’orientation est en général située sur un belvédère ou un point de vue remarquable, elle offre une lecture du paysage et apporte des informations (histoire, patrimoine…).
  • La signalétique embarquée grâce au GPS ou à la connexion au Web est capable de s’adapter « en temps réel » aux changements de circulation ou d’itinéraire.
  • La signalétique directionnelle : fléchage, indications de direction à suivre pour atteindre un but. C’est la fonction historique de la signalisation.
  • La signalétique situationnelle : indication concernant le lieu où l’on se trouve (ex : Balisages qui apportent des informations sur des itinéraires (vert, patrimonial…).

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La signalisation peut avoir de multiples objectifs qu’il convient de bien identifier pour réaliser le plan de signalisation car à chaque fonction pourra correspondre une catégorie de panneaux, un choix d’implantation, une stratégie de message : Fonction de marquage d’un territoire / Fonction d’information réglementaire / Fonction directionnelle / Fonction d’information et de services. Derrière la signalétique, se trouve un enjeu d’accessibilité. Mieux se déplacer, c’est aussi pouvoir mieux s’orienter. Pour cela, elle doit informer, aider à circuler et à optimiser les déplacements de chacun. La visibilité et la lisibilité des pictogrammes, la perception et la compréhension des messages l’ambiance et le balisage sonore, l’incidence de la lumière, le choix des supports d’information, des caractères, des couleurs, sont autant de composantes qui participent à une signalétique optimisée et efficace.

Une signalétique visible : Le choix d’implantation de la signalétique est important, elle doit permettre un repérage rapide des panneaux et ne pas gêner le flux des visiteurs. L’éclairage doit être confortable, non direct, non éblouissant.

Une signalétique lisible et compréhensible : Le format (taille du support, taille des lettres, interlignes, taille des pictogrammes) doit tenir compte de la distance de lecture. Les messages doivent être simples, avec des mots faciles à comprendre.

Elle est souvent traitée de manière ponctuelle, répondant à des besoins immédiats. Cette démarche, certes efficace pour répondre aux nécessités locales, n’en a pas moins de lourds inconvénients : diversité du mobilier, des signes, des messages, accumulation de panneaux de toutes dimensions et de tous matériaux sur les sites, redondance quand ce n’est pas incohérence de messages. Il faut au contraire un acte fort qui nécessite une réflexion coordonnée à l’échelle du territoire et une concertation des divers acteurs. C’est l’objet du plan signalétique qui offre une vision globale organisée, hiérarchisée, communicante. Lorsque la signalétique est réussie, elle donne un sens au lieu. Les visiteurs se sentent plus à l’aise d’explorer, d’y passer plus de temps et de s’arrêter à différents endroits le long du trajet. Elle doit être intuitive et facile à consulter. Le recours aux symboles, lorsque c’est possible, permet de communiquer rapidement, peu importe la langue. 

Pendant longtemps, la signalétique s’est essentiellement concentré sur les automobilistes, avec des panneaux de signalisation indiquant des directions souvent peu pertinentes pour les piétons. Legible London fut le premier projet global de signalétique expressément destiné aux piétons, notamment grâce à l’installation de bornes cartographiques maillant la ville, et indiquant aux piétons les lieux accessibles en cinq, dix ou quinze minutes de marche (via des cercles concentriques aisément lisibles). C’est devenu un outil de gestion des flux urbains, et plus précisément de décongestion des réseaux de transport en commun, principalement le métro. Cartographier la marche est devenu un enjeu. La RATP a par exemple repris l’idée des cercles concentriques accessibles aux piétons dans les plans de ses nouveaux abribus, installés à Paris.  Plusieurs villes ont installé des panneaux urbains connectés : Lyon, Calais, Tignes. Un panneau directionnel interactif est capable de se mettre en mouvement et de créer des chemins personnalisés. Grâce à sa connexion à différents flux et notamment aux réseaux sociaux, il offre la possibilité d’afficher en temps réel les informations liées à la ville, à un événement, à un lieu. La signalétique numérique, personnalisée qui délivre des informations sur les téléphones portables, fait son apparition dans l’espace public. Ce système existe déjà au Japon. A Kobe, 45 000 flash codes (sorte de codes barres de 2 cm par 2 cm chacun), disséminés dans la ville et scannés avec un téléphone mobile, délivrent une multitude d’informations. A Paris, une expérience a été mise en place, fin août, dans les arrondissements centraux : (dans 20 stations Vélib) et à Rennes. Ces informations sont plus ciblées, individualisées et accessibles à tout moment. Elles présentent de plus l’intérêt d’atténuer la signalétique physique, parfois envahissante. Trois arrondissements de Paris (Ier, IIe et IVe), vingt stations Vélib sont équipées, de la technologie Bluetooth. Celle-ci permet de télécharger gratuitement, sur les téléphones portables, les Mobiguides qui contiennent toutes sortes d’information locale : l’actualité municipale, les numéros d’urgence, les activités de l’arrondissement, l’emplacement des bornes de taxis et des stations Vélib, les sites WI-FI gratuits… Luxeuil-les-Bains a créé un parcours ludique, conçu comme un jeu de pistes. Un premier travail a d’abord consisté à sélectionner, parmi le patrimoine, les détails architecturaux qui devaient être signalés (balcons, portes). La signalétique discrète (des photographies zoomant sur ces détails avec peu de commentaires) invite à explorer la ville et à les découvrir.Saint-Etienne a mis en place une signalétique pour les chantiers grâce à une charte pour signaler ses nombreux chantiers disséminés dans la ville. Un même langage graphique a été proposé, qui trouve des déclinaisons différentes en fonction de l’ampleur du chantier et du contenu du message.

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A Rouen, malgré un effort récent dans le centre ville, la signalétique est insuffisante et trop complexe. Parkings renommés, panneaux pour les touristes, flèches à revoir sur les routes… La Ville de Rouen a entamé fin 2013 un chantier prévu sur plusieurs années (parkings renommés, panneaux pour les touristes, signalisation sur les routes…). Les panneaux directionnels de circulation n’avaient pas été remis en cause depuis la fin des années 1980, ce qui a eu pour conséquence des empilements de flèches devenus pas très clairs. La Ville a mandaté un cabinet spécialisé puis annoncé un plan sur plusieurs années d’amélioration et de refonte de toute la signalétique. Une nouvelle signalétique dédiée aux touristes et aux piétons a été installée pour encourager la marche à pied et valoriser le patrimoine. Il existe des initiatives locales. Les Lombardiennes (groupement de femmes du quartier de la Lombardie qui ont notamment travaillé sur la sécurité ont en juillet 2016 alerté la Mairie sur cette question, ciblé des plaques de rues manquantes et formulé des propositions. Elles ont réalisé la maquette d’un panneau à l’attention des visiteurs ou des nouveaux arrivants, très nombreux dans le quartier : un plan qui détaille les noms de rues et les équipements, et pourrait être installé face au gymnase Villon.

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Parmi les 18 projets citoyens retenus (pour un budget total de 1 million d’euros), la ville a présenté lors du Conseil municipal du 28 janvier 2019, un qui concerne la signalétique. Ce projet vise à remplacer des plaques de rue par des totems fournissant des détails sur l’histoire des personnages dont les noms ont été attribués à une rue ou une place. La réalisation de ces projets lauréats s’échelonnera de 2019 à 2021. Chaque porteur de projet participera à toutes les étapes jusqu’à la concrétisation de sa proposition. Les Conseils de quartier ont également travaillé sur le sujets. De son côté, la Métropole a passé en 2016 un marché public (Référence du marché : 2078670) pour la conception et le déploiement (réalisation des supports et pose) d’une signalétique à vocation touristique pour les villes de Rouen et d’Elbeuf. Enfin, Coeur de Métropole a généré en 2018 la fabrication et la pose de mobiliers de signalétique piétonne touristique et directionnelle, notamment dans le quartier muséal. 

Les pistes sont nombreuses pour aller beaucoup plus loin : 

-       Développer de la signalétique numérique interactive sur des sites tests répartis dans la ville avec pour objectif de diffuser des contenus pratiques : état du traffic, pharmacies de garde ouvertes, annonce d’évènements…

-       Améliorer et uniformiser les plaques de rues

-       Développer le flash code et les applications mobiles

-       Créer une signalétique propre aux chantiers

 

Santé : bien mieux accompagner les aidants à Rouen

4 fév

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La Ville de Rouen ferait bien de s’inspirer de Lyon, première ville française à offrir le 6 février prochain un dispositif complet au service des aidants : un site internet, une ligne téléphonique et surtout un lieu pour permettre aux acteurs associatifs, aux privés et aux institutionnels d’accueillir et d’accompagner les aidants confrontés à la maladie ou au handicap d’un de leurs proches.              

Aider un proche atteint de Parkinson, Alzheimer, de maladies chroniques, d’invalidité ou de perte d’autonomie n’est pas sans conséquences sur la santé physique et mentale et sur la vie professionnelle. Face à ce constat, les collectivités commencent seulement à prendre conscience de l’ampleur du problème. A Lyon, il y aurait 160 000 aidants au sein de la Métropole et près de 200 services parallèles pour eux. Cette initiative vise à permettre de mettre en place une offre structurée, coordonnée, identifiée et donc bien plus efficace. Elle devrait faciliter grandement les aidants à la recherche d’information, d’orientation et d’accompagnement.

Ce dispositif soutenu par la Métropole de Lyon, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes et le groupe Apicil proposera 3 modalités d’accès, complémentaires :

  • Un site internet (www.metropole-aidante.fr) destiné à informer sur le rôle de l’aidant, à évaluer sa situation et à lui fournir des solutions adaptées.
  • Une ligne téléphonique afin de proposer aux aidants un contact humain et un accompagnement personnalisé.
  • Un lieu d’accueil, d’écoute, d’information et d’orientation qui pourra accueillir des formations, des ateliers, des conférences et des événements autour du statut d’aidant

Rouen devrait, elle aussi se doter d’un bouquet de services unique similaire pour accueillir et orienter les aidants, quelque soient l’âge et la situation de santé de la personne accompagnée. Ce type de dispositif permettrait de répondre aux plus près à leurs attentes et à leurs besoins : soutien psychologique, accompagnement dans les démarches administratives, formations, aide pour un répit à domicile ou en établissement…. L’enjeu est de faciliter le recours à une solution adaptée à chacun, en fonction de son besoin.

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Repenser l’éclairage public à Rouen

29 jan

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L’éclairage public est l’ensemble des moyens d’éclairage mis en œuvre dans les espaces publics, à l’intérieur et à l’extérieur des villes, très généralement en bordures des voiries et des places, nécessaires à la sécurité ou à l’agrément du citoyen. Il répond d’abord à un besoin sécuritaire afin de permettre aux usagers de la voie publique de circuler de nuit avec une sécurité et un confort aussi élevé que possible. Il permet de réduire de 30 à 40 % le nombre d’accidents de la circulation et de 50 % les effractions, vols et actes de vandalisme. Il sert également à l’embellissement des espaces publics par la mise en valeur du patrimoine, des monuments architecturaux et historiques avec des illuminations permanentes, saisonnières ou encore liées à des manifestations particulières. La France compterait 9,5 millions de points lumineux sur son territoire, dont 80% sont aujourd’hui jugés obsolètes. L’éclairage public représente 44% de la consommation d’électricité des collectivités françaises, auxquels il faut ajouter les 85 000 tonnes de production de CO2 par an

Le Grenelle de l’environnement a introduit la notion de pollution lumineuse. L’article 173 de la loi «Grenelle » du 12 juillet 2010 renforce les conditions de fonctionnement des installations lumineuses, en introduisant dans le droit de l’environnement la prévention, des nuisances lumineuses et un objectif d’économie d’énergie, en visant à réduire les émissions inutiles de lumière artificielle, sans nuire à la sécurité publique. Le droit français considère dorénavant comme nuisances lumineuses les dangers et troubles excessifs induits par les émissions de lumière artificielle. L’article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales prévoit que l’éclairage des voies et lieux publics est une compétence communale et relève d’un impératif de sécurité publique. Le Maire, en qualité d’agent de l’État, contrôle le respect des prescriptions. Des sanctions administratives permettent des mises en demeure, des mesures conservatoires (aux frais de la personne mise en demeure), des suspensions (par arrêté) du fonctionnement des éclairages en cause, jusqu’à exécution des conditions imposées.

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Les enjeux de la lumière sont à la fois économiques et environnementaux. L’éclairage public est aujourd’hui au cœur des préoccupations dans la construction de la ville de demain. Il représente près de la moitié de la consommation d’électricité des collectivités territoriales, soit 18 % de leur consommation toutes énergies confondues. Son poids dans la facture des collectivités est donc très important et il est  nécessaire pour elles d’investir dans des technologies intelligentes capables de faire baisser leur consommation d’électricité. Cela est d’autant plus vrai que, lors du Grenelle de l’environnement, une analyse de l’état des lieux des installations d’éclairage a fait apparaître d’importants besoins de rénovation. Plus de la moitié du parc est composée de matériels obsolètes (40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans) et énergivores : boules diffusantes, lampes à vapeur de mercure (environ 1/3 du parc)… Petit à petit à petit, certaines municipalités innovantes privilégient les aménagements naturels et économes en entretien. Certains modèles de luminaire envoient jusqu’à 50 % de leur lumière en direction du ciel. La pollution lumineuse a des effets négatifs significatifs sur la faune et la flore, au point qu’on la suspecte d’être au moins partiellement responsable de la régression, voire de la disparition d’un certain nombre d’espèces sur tout ou partie de leur aire potentielle de répartition. Les insectes sont attirés par les sources lumineuses, jusqu’à une distance de plus de 500 m. On calcule qu’en saison estivale, il meurt environ 150 insectes par nuit sur chaque lampe routière. Poussées par les contraintes réglementaires et budgétaires, mais également afin de concilier les enjeux sociaux, environnementaux et d’attractivité, les villes cherchent des solutions innovantes pour mieux gérer leur éclairage public et développer un mobilier urbain adapté. Elles doivent préalablement se poser les questions suivantes :

-       l’éclairage est-il vraiment nécessaire ou un simple balisage peut-il suffire ?

-       Quand éclairer ? De manière continue dès la tombée du jour ou seulement à certaines périodes de la nuit et/ou de l’année ?

-        Où déployer le mobilier urbain ? Quel mobilier choisir ?

Plusieurs technologies sont actuellement développées afin de rendre l’éclairage public intelligent :

  • le dimming : cette technologie consiste à abaisser le flux lumineux des lampes en réduisant la tension d’alimentation aux heures de faible fréquentation pour réaliser des économies d’énergie. Le système permet de diminuer le niveau d’éclairage de façon progressive afin de le rendre presque imperceptible par l’usager.
  • la télégestion : système de gestion globale de l’éclairage public à partir d’un centre de contrôle duquel des informations sont transférées à chaque point lumineux de manière à commander leur allumage, extinction ou « dimming » de manière individuelle ou groupée.
  • la télémaintenance : généralement complémentaire de la télégestion, elle permet de transférer les informations de chaque point lumineux vers le centre de contrôle, en particulier pour en connaître les dysfonctionnements, planifier et contrôler le remplacement sur le fondement de leur nombre d’heures de fonctionnement réel ;
  • les capteurs de mouvement : les lampadaires sont équipés de détecteurs de mouvement, ce qui leur permet de s’allumer uniquement lorsqu’il y a du passage et donc de faire des économies d’énergie.
  • les lampadaires autoalimentés : ces lampadaires sont alimentés par des sources d’énergie renouvelable (éolienne ou panneau photovoltaïque avec stockage) et peuvent équiper des lieux nécessitant d’être éclairés mais ne disposant pas d’un réseau d’éclairage public.

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La maîtrise de l’impact environnemental (baisse de la consommation, réduction des émissions carbonées, limitation de la pollution lumineuse) est un objectif direct de la rénovation ou de l’extension des installations. Une des premières réponses techniques est d’agir sur les caractéristiques des équipements. De nombreuses villes ont multiplié le recours au LED offrant une moindre consommation énergétique et ce, d’autant plus qu’elle offre des potentialités remarquables sur le plan esthétique. Du fait de ses composants électroniques, elle s’intègre en revanche assez aisément à des dispositifs télégérés de régulation et de pilotage du réseau. Un autre élément de réponse est d’agir sur l’interface Equipement / Réseau grâce à la Télégestion. La télégestion au point lumineux consiste à utiliser le réseau d’éclairage pour déployer un système de communication de type Intranet pilotant l’ensemble de l’infrastructure à distance, au moyen d’un boitier électronique positionné sur le candélabre ou sur l’armoire de commande et connecté à un terminal informatique. Cette solution répond d’abord à un objectif d’économies d’énergie pour un niveau de résultat pouvant atteindre jusqu’à 30 %. Sa mise en service assure a minima une régulation à la source lumineuse par variation de puissance. Le mode « télégestion » permet également d’agir sur la pollution lumineuse (modulation et territorialisation des niveaux d’éclairement) et la réduction des émissions de CO2 grâce à la diminution des déplacements liés aux interventions de maintenance. Toutefois, le dispositif de télégestion fonctionne lui-même sur alimentation en électricité et génère donc une consommation en propre.

Plusieurs villes ont mené des politiques novatrices. Depuis 2009, la ville de Toulouse a lancé une expérimentation d’éclairage dynamique Des lampadaires sont équipés de détecteurs de présence et de diodes électroluminescentes qui permettent de faire varier rapidement l’intensité lumineuse des lampadaires de 30 W à 80 W lors de la présence de piétons. Ainsi, chaque luminaire dispose de deux rangs de DEL : le premier rang d’une puissance de 30 W éclaire toute la nuit et le second de 50 W se déclenche uniquement au passage des piétons. La commune de Vif en Isère a installé sur les voies piétonnes et cyclables de son territoire un système d’éclairage public intelligent. Le système gère le niveau d’éclairage de façon autonome, en intégrant la présence ou non d’usagers. Les lampadaires s’illuminent progressivement lors du passage de promeneurs ou de cyclistes, croissant de 10 % à 100 % de leur capacité d’éclairage, à mesure de la progression de l’utilisateur. Puis ils décroissent et repassent à 10 %, après leur passage. Ce système est fondé sur l’emploi de détecteurs de formes installés sur les lampadaires à diodes électroluminescentes basse consommation. Chaque candélabre est muni d’un détecteur capable de communiquer avec ceux qui se trouvent directement à proximité. Lorsqu’une présence est détectée sur le chemin, un signal est envoyé aux deux candélabres suivant pour déclencher l’allumage. Une vague de lumière accompagne alors le piéton ou le cycliste.

 

A Rouen, adopté par le conseil municipal du 9 février 2007, le Schéma Directeur d’Aménagement Lumière (SDAL) encadre toutes les réalisations ayant trait à l’éclairage sur le domaine public. Applicable sur le territoire de la ville, il a pour but de fournir au maître d’ouvrage des propositions d’éclairages et d’ambiances cohérentes, établies sur la base de critères qu’ils soient d’ordre historique, urbanistique, socio­économique, architectural, technique ou financier. Le périmètre d’étude correspond au territoire entier de la commune. Il a pour finalité de :

  • assurer les contraintes de base en matière d’éclairage (sécurité et confort des usagers et riverains),
  • mettre plus en valeur les lieux d’animation et le patrimoine architectural de la Ville
  • développer une politique d’économie d’énergie et de limitation des nuisances lumineuses.

Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, Rouen doit innover. Des Pistes existent :

. Création d’une fête des Lumières comme à Lyon ou à Amsterdam où le Light Festival invite les visiteurs à découvrir différentes installations lumineuses autour d’un thème principal.

. Installation d’un éclairage particulier et renforcé dans le quartier muséal à l’instar de qu’a fait Montréal où le quartier des spectacles doit, entre autres, son identité à son activité lumineuse. La lumière pourrait y être pensée comme un outil de scénarisation de l’espace urbain avec un parcours lumineux.

. Réduction des éclairages à certains endroits : Rond-point équipé d’une signalisation au sol rétro-réfléchissante, installation de systèmes faisant varier l’éclairage en fonction des passages (modulation).

rond point

. Développement de l’installation des LED

. Utilisation de l’éclairage public pour obtenir du haut débit. Utilisant l’éclairage LED, la technologie LiFi permet d’accéder à internet en transmettant des données numériques par la lumière. Contrairement au WiFi qui utilise les ondes radio du spectre électromagnétique, le LiFi utilise le spectre optique pour transférer du son, des images ou de la vidéo. Les points lumineux peuvent ainsi devenir des balises de géolocalisation pour transmettre aux citoyens des informations ciblées sur leur parcours de bus, tramway, train, ou encore pour guider les touristes et les informer sur le patrimoine ou les œuvres au fil de leur parcours. Il est désormais possible de se connecter à internet sous un luminaire. Le LiFi ne peut s’installer que sur des luminaires LED et son utilisation, du fait de la faible portée (quelques mètres) et du cloisonnement intrinsèque de la lumière contraint l’utilisateur à se trouver à proximité du luminaire. Il présente de nombreux avantages par rapport au Wifi :

-       Moins cher : il pourrait à terme permettre de mutualiser les coûts d’installation et d’exploitation de l’éclairage et de la communication notamment en diminuant en intérieur le nombre de relais WiFi nécessaires.

-       Plus sécurisé : les ondes lumineuses ne traversant pas les murs, les risques de piratage sont beaucoup plus limités de par le cloisonnement des données.

-       Plus rapide : côté débit, le LiFi serait jusqu’à 10 fois plus rapide que le WiFi actuel.

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