L’abbatiale Saint-Ouen, l’autre joyau

24 jan

1 HERVE SENTUCQ ©Hervé Sentucq

La Municipalité a annoncé le 26 octobre dernier la fermeture temporaire de l’abbatiale Saint-Ouen qui présentait des risques de chutes de pierres à l’intérieur de la nef, menaçant la sécurité des visiteurs. Le portail des Marmousets par lequel s’effectuent les entrées, la charpente et la toiture nécessitent également d’importants travaux de rénovation. Celles effectuées ces-dernières années (installation de colonnes sèches, restauration de la charpente, du transept sud…) s’avèrent insuffisantes.

2 panoram'art ©Panoram’art

Fondée en 750 à l’emplacement actuel, l’abbaye de Saint-Ouen fut l’un des monastères bénédictins les plus puissants de Normandie. Incendiée en 1248, la construction de l’église abbatiale actuelle débuta en 1318. Ce chef-d’œuvre du gothique rayonnant est classé monument historique. Sa charpente est l’une des dernières conçues en France sur le même modèle que celle de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Bien que sa construction se soit étalée sur plus de deux siècles (la nef ne fut terminée qu’en 1537), l’abbatiale présente une remarquable unité car ses bâtisseurs successifs ont su rester fidèles au projet original. Sa façade occidentale date elle du XIXème siècle. Avec son atmosphère lumineuse, ses 80 vitraux d’origines qui ornent les trois niveaux de l’église et ses dimensions exceptionnelles (137m de long sous 33m de voûtes), l’abbatiale impressionne et détient une part particulière dans le patrimoine rouennais au même titre que la cathédrale voisine. Devenue un lieu de concerts et d’expositions, elle rythme notre vie culturelle.

3 Patrimoine-histoire ©Patrimoine-histoire 

Sa rénovation devrait couter autour de 20 millions (financés pour moitié par l’Etat, et par l’ensemble des collectivités : la Ville de Rouen, la Métropole, la Région Normandie et le Département de la Seine Maritime. Par étapes successives, elle concernera de multiples endroits de l’édifice (toiture, tour couronnée, transept sud, façade, portail des Marmousets…)  et durer probablement autour de 4 années. Un mal pour un bien : sauvegarder notre patrimoine.

4 wikipedia ©Wikipedia

Un fonds culturel d’urgence, une priorité pour Rouen

25 oct

CULTURE 

La crise sanitaire que nous traversons bouleverse toutes les dimensions de notre société et de nos vies : la santé publique, la vie culturelle et associative, le monde du travail, les interactions sociales, le débat public, l’économie… Les acteurs culturels qui se trouvent souvent déjà en temps normal dans des situations précaires (travailleurs indépendants, intermittents, freelances) sont particulièrement frappés par le COVID-19. Comme partout ailleurs, les institutions, les acteurs culturels et les artistes rouennais subissent de plein fouet la crise sanitaire. Pour les structures culturelles privées (théâtres, salles de cinéma…) qui dépendent des recettes de billetteries, la situation est particulièrement alarmante. Si un effort a été fourni par l’Etat pour les intermittents du spectacle qui bénéficient d’une année blanche prolongeant leurs droits jusqu’à août 2021, les artistes indépendants, grands absents des dispositifs, sont très nombreux à se trouver dans une situation très critique, mettant en cause leur existence même.

La Métropole a pris récemment des mesures fortes (6 millions d’euros mobilisés) pour les entreprises, les associations et les jeunes mais le secteur culturel semble pour l’instant oublié. Pourtant, bon nombre de villes ont déjà été proactives pour aider et soutenir le monde de la culture dans leurs territoires, un chemin que Rouen doit suivre au plus vite :  

Lyon a créé un fonds de soutien de 4 millions d’euros afin de permettre aux acteurs culturels du territoire de faire face à cette situation inédite. Ces-derniers ont été invités à déposer des dossiers sur lesquels ont statué la Direction des Affaires Culturelles de la Ville et des élus, ce qui a permis une attribution de premières aides dès le mois d’octobre. Ce dispositif vise à cibler les structures et professionnels absents des dispositifs d’aides et de soutien à la culture mis en place par l’Etat. Il permet d’apporter un soutien financier rapide aux artistes indépendants (plasticiens, auteurs, bédéistes…), ainsi qu’aux structures privées (lieux de spectacle, cinémas, compagnies…). En retour, les bénéficiaires de ces aides devront rendre compte de son utilisation.

Nantes a elle aussi créé un fonds d’urgence exceptionnel d’un montant d’un million d’euros pour également soutenir les structures les plus fragiles : collectifs artistiques nantais, compagnies, événement et manifestation annulés, développeurs d’artistes… 

- Paris a également mis en place des aides et des mesures d’urgence, notamment à l’intention des cinémas indépendants et des créateurs de courts-métrages, bénéficiaires d’une aide de 1.5 million d’euros. La Ville a par ailleurs suspendu les redevances et loyers des associations et opérateurs culturels, ainsi que des ateliers d’artistes, pour une période de six mois.

- Bayeux a elle maintenu une partie des cachets des compagnies qui devaient se produire en juillet 2020 lors des Médiévales qui ont dues être annulées et a décidé de reporter des spectacles de sa saison culturelle.

Chez nous, la Région Normandie a mis en place deux fonds d’urgence à destination de la culture. Le premier concerne le spectacle vivant, les arts visuels et numériques et le patrimoine culturel. Il a pour but de permettre aux acteurs de ces secteurs de disposer du niveau de trésorerie suffisant pour maintenir l’emploi et couvrir leurs charges courantes (subventions de fonctionnement). Le second est réservé aux secteurs du cinéma et du livre pour accompagner leur réorganisation afin qu’ils puissent continuer à accueillir du public.

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Fort heureusement il existe tout un panel de mesures de soutien régionales et nationales pour permettre à tous ces acteurs de rester en vie : délais de paiement d’échéances sociales et fiscales (URSSAF, impôts directs) / chômage partiel / suspension de toute facturation (droits d’auteur et pénalités) et des prélèvements automatisés par la SACEM / fonds d’urgence des artistes auteurs / suspension temporaire de la taxe sur les spectacles de variétés, création d’un nouveau fonds de secours aux TPE/PME du spectacle de musique et de variétés (11,5 millions d’euros)….

Le plan de relance du Gouvernement (100 milliards d’euros tous secteurs confondus) comporte des aides destinées au secteur culturel :

- 614 millions sont destinés aux musées et au patrimoine, dont un « plan cathédrale », doté de 80 millions d’euros.

- 200 millions d’euros sont mobilisés pour la filière musicale (spectacles et concerts, musique enregistrée…).

- 10 millions d’euros sont prévus pour les théâtres privés et les compagnies non conventionnées.

- 206 millions d’euros sont prévus pour le spectacle vivant

- 113 millions d’euros sont destinés à l’emploi artistique et l’enseignement supérieur de la Culture.

- 428 millions d’euros sont prévus pour le livre, la presse, le cinéma et l’audiovisuel.

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A côté de ces aides, Rouen doit au plus vite investir ce champ pour compléter les manques et pérenniser sa vivacité et son rayonnement culturel. Les pistes à mettre en œuvre sont nombreuses :

  • Organiser l’accompagnement des acteurs pour qu’ils connaissent et utilisent les aides régionales et nationales déjà mises en œuvre. La Direction de la culture et du patrimoine a un rôle clé à jouer sur ce point pour renforcer les échanges avec les acteurs locaux de la culture, recenser leurs difficultés et leurs besoins d’accompagnement.
  • Créer un Fonds d’urgence afin de soutenir les acteurs les plus fragiles et les plus menacés par la crise actuelle. Cette aide municipale complémentaire à celles apportées par l’État et les autres collectivités publiques devra être examinée au cas par cas : collectifs artistiques, compagnies, événements et manifestations, développeurs d’artistes, lieux de résidences, galeries…. L’objectif premier est de soutenir l’emploi culturel, qui est menacé, et la vitalité de la création artistique pour contrer tout risque d’un appauvrissement culturel.
  • Apporter une aide à la création en accompagnant l’organisation de spectacles respectant les prérogatives sanitaires dans l’espace public ou dans des lieux adaptés.

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  • Soutenir la création par des appels à projets pour les périodes futures…

Rouen, seconde ligne olympique

9 oct

JO

Une bonne nouvelle dans la grisaille actuelle et la période difficile que nous traversons. Si les Jeux Olympiques de 2024 se dérouleront bien à Paris, Rouen, à l’instar d’autres d’autres villes normandes, va pouvoir s’intégrer dans cet évènement de portée mondiale. En effet, plus de 40 centres sportifs normands viennent d’être sélectionnés pour devenir des sites de préparation aux JO. Ainsi, entre l’été 2021 et les Jeux de 2024, soit pendant une durée de 3 années, ils pourront recevoir des athlètes du monde entier afin qu’ils puissent venir s’y s’entraîner dans la perspective des jeux.

Il y avait beaucoup de candidats pour peu d’élus, les critères du cahier des charges nécessitant de remplir des conditions strictes définies par le Comité d’organisation des JO. Les installations sportives doivent en effet comporter au moins une infrastructure d’entraînement sportif, une solution d’hébergement et de restauration, des salles de réunion, un établissement médical et répondre à des qualités environnementales. Au début de l’année 2021, la liste des sites retenus sera transmise aux 206 Comités Nationaux Olympiques, ainsi qu’aux 182 Comités Nationaux Paralympiques. Dans notre département, 22 sites sont concernés, dont plusieurs dans la Métropole couvrant un vaste panel de discipline (ex : boxe à Canteleu, tennis de table à Grand-Quevilly, tir à Maromme ou encore badminton à Petit-Couronne).  Rouen aura « sa part du gâteau » avec 4 équipements qui vont pouvoir accueillir des sportifs de haut niveau pendant cette longue période :

Le Kindarena, équipement métropolitain a été retenu pour le basketball, le basketball en fauteuil et le handball

rouen tourisme ©Rouentourisme

Le complexe sportif Saint-Exupéry sera lui réservé au judo

normandie.fr st ex ©Normandie.fr

Le Stade Jean Mermoz sera à destination du rugby à 7

surlatouche.fr ©Surlatouche.fr

Et le Centre nautique Guy Boissière sera lui destiné aux multiples disciplines de la natation olympique et paralympique

rouen.fr ©Rouen.fr

 

La caserne Philippon, une reconversion réussie

19 août

Bouygues immobilier

Occupée par des militaires jusqu’en octobre 2018, la caserne Philippon située rue Orbe, dans le quartier de la Croix de pierre, a été rachetée, suite à un appel d’offres par la société Bouygues Immobilier. Après des travaux, en cours de réalisation (leur fin était initialement prévue pour le printemps 2020 mais la crise sanitaire a engendré un retard), les 6400 m² du bâtiment seront transformés en une résidence pour séniors non médicalisés de 98 logements individuels (32 T1 / 53 T2 et 13 T3) qui seront gérés par les Jardins d’Arcadie et en 36 logements sociaux.

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L’édifice en U est actuellement en fin de réhabilitation avec notamment la rénovation de sa façade blanche. Une verrière va être ajoutée, dans un style « art déco » pour ne pas le dénaturer, afin d’y installer l’accueil de la résidence qui comportera, en plus des nombreux appartements, des espaces communs (salles de restauration, de détente, de fitness, bibliothèque).

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Derrière le bâtiment, la société Bouygues va sortir de terre un nouvel ensemble, dans un style architectural proche qui sera destiné à accueillir 36 logements sociaux de tailles variées, allant du T1 au T5.

On ne peut que se réjouir que ce bâtiment historique, partie intégrante de notre patrimoine soit pérennisé. Sa nouvelle affectation s’inscrit dans la richesse de son histoire et des nombreuses « vies » qu’il a connu. Construit au XVIIème siècle, il fut dans un premier temps un séminaire, avant de devenir dans la première moitié du XIXème siècle une usine de tissage. Acheté en 1871 par la Ville de Rouen qui y installa une école de commerce, il devint il y a un peu plus de 120 ans une caserne où de nombreux jeunes rouennais se sont encore récemment rendus pour y effectuer leur journée de défense et de citoyenneté. Ses futurs occupants devraient s’inscrire dans l’animation et le dynamisme de ce quartier très proche du centre historique qui possède une identité forte en partie grâce à son riche tissu associatif.  

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La drogue hilarante, un fléau qui touche aussi Rouen

31 juil

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A Rouen comme ailleurs, il est malheureusement fréquent d’apercevoir sur les trottoirs des capsules argentées de 5 ou 6 centimètres de long, parfois par dizaines, souvent cernées de ballons de baudruche. Il s’agit de capsules de protoxyde d’azote, un gaz utilisé dans les siphons de crème chantilly. Accessibles en vente libre dans les épiceries et les supermarchés, pour environ 50 centimes pièces, elles sont détournées de leur usage, pour en faire une drogue « récréative », bon marché, en raison des effets euphorisants que leur inhalation procure. Il est même possible de réduire le coût en achetant de grandes quantités en ligne (n’importe qui peut passer des commandes de 400 capsules pour moins de 100 euros), ce qui explique en partie le succès qu’elles rencontrent (leur vente a été multipliée par 10 au cours des derniers mois).

4 ©Ladepeche.fr

Cette consommation détournée n’est pas sans dangers pour les consommateurs, souvent très jeunes. Les effets secondaires sont nombreux et peuvent s’avérer dangereux. En effet, l’inhalation peut engendrer des asphyxies, des troubles cardio-vasculaires, des pertes de connaissance ou des étouffements, les substances inhalées pénétrant dans les muqueuses respiratoires, le sang et le cerveau. Pire, l’effet euphorisant étant très court (il ne dure qu’une vingtaine de secondes), on assiste à des consommations intensives et très rapprochées dans le temps. Des pertes de mémoire, de l’érection et la survenance d’hallucinations visuelles ont également été à maintes reprises constatés.

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Face à un vide juridique, plusieurs collectivités ont déjà pris des mesures pour lutter contre ce fléau. Dès décembre 2019, des actions de sensibilisations ont été lancées dans des collèges et lycées de l’Eure. La ville de Sotteville les Rouen a interdit leur vente aux mineurs dès le mois de février dernier, suivie par Evreux en mai 2020 qui a également mis en place une interdiction similaire. Il devient urgent que la ville de Rouen se saisisse de ce problème de santé publique. L’UDI, lanceur d’alerte sur cette question, a déposé une proposition de loi, votée par 90 sénateurs, le 11 décembre dernier afin d’interdire leur vente aux mineurs, ainsi qu’en ligne pour lutter contre ce fléau. Cette proposition de loi ne sera discutée à l’Assemblée nationale qu’en mars 2021, ce que la formation centriste déplore. A ce jour, en Europe, seul le Danemark a franchi ce pas depuis le 21 janvier 2020 pour freiner son expansion.

Dans l’attente d’une évolution législative, la ville de Rouen doit en urgence agir, elle dispose de moyens d’actions pour ça.

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Cy’clic, l’effet Covid

7 juil

 

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A Rouen, comme dans beaucoup de villes françaises, le vélo connait un boom important dans les déplacements quotidiens, suite de la survenance du Covid. Face aux risques de contamination dans les transports en commun, nombreux sont ceux qui songent à se tourner vers le vélo. Les motivations sont nombreuses : un gain financier (parkings, essence…), de temps pour les distances courtes (embouteillages) et surtout, il est dans le contexte actuel plus rassurant que les transports en commun où la distanciation peut s’avérer difficile. On le constate, de plus en plus de rouennais bouleversent leurs habitudes et chaque jour de nouvelles personnes franchissent le pas. Les pouvoirs publics se sont rapidement adaptés à cet essor soudain (apparition de nouvelles pistes cyclables, plan du Gouvernement qui comprend un forfait de 50 € pour la remise en état d’un vélo, aides à l’achat de vélo électriques…).

 3 neozone.org ©Neozone.org

La Métropole Rouen Normandie et la société Decaux s’inscrivent dans ce mouvement et viennent de lancer une initiative à saluer dans ce sens en rendant entièrement gratuits les abonnements (pour une durée d’un an) au service Cy’Clic.  La démarche est très simple, il suffit de souscrire en ligne sur le site officiel www.cyclic.rouen.fr avant le 31 août. En parallèle, la durée de la gratuité initialement limitée à 30 minutes par utilisation a été étendue à une heure. Ce système de vélos en libre-service avait été mis en place par Pierre Albertini à la fin de son mandat (décembre 2007),quelque mois seulement après les Vélibs parisiens qui ont depuis inspiré des villes du monde entier. Ouvert 7 jours sur 7 de 5 h00 à 1 h00, des stations supplémentaires sont régulièrement ajoutées afin de couvrir au mieux notre territoire. Les dernières implantations ont surgi près de la Cathédrale, sur les quais bas rive gauche et dans le quartier Grammont entre la bibliothèque Simone-de-Beauvoir et la clinique Mathilde. En 2015, on comptait 1200 abonnés. Cette opération devrait doper la demande inciter les rouennais à utiliser les 280 vélos à disposition. Une très bonne chose. 

2  76 actu ©Actu76

 

De l’Omnia à la Halle aux (é)Toiles

19 juin

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Une sensation bizarre et un sentiment de vide, lorsqu’on passe devant l’Omnia à l’heure actuelle. Une image saute aux yeux : l’absence des grandes affiches qui interroge. Pour une fois, dans les bouleversements actuels que nous connaissons, le Covid n’y est absolument pour rien. En fait, l’Omnia est actuellement fermé au public en raison des travaux d’envergure (financés par la Ville, la Métropole, la Région et le Centre National du Cinéma pour un coût avoisinant les 7 millions d’euros) qui vont s’y dérouler jusqu’en 2021. En ligne de mire pour cette institution culturelle rouennaise qui fait partie de notre quotidien : 4 salles intégralement refaites, 3 qui seront rénovées et la création d’une 8ème salle contenant seulement 15 places pour des projections en mini-groupes. Parallèlement, l’accueil sera revu, des ascenseurs seront installés et un café où pourra se dérouler des expositions, des rencontres et de débats va voir le jour. L’objectif est d’accompagner son essor et de lui donner un nouveau souffle.

tousvoisins ©tousvoisins

Pour ne pas pénaliser ses nombreux habitués et limiter les pertes d’exploitation, une migration temporaire vers la Halle aux Toiles, mise à disposition à cet effet par la Ville, débutera le 1er juillet et ce, jusqu’à la fin de l’année. Cette opération baptisée « l’Omnia hors les murs » permettra la diffusion de films d’art et d’essai, la vocation première de l’établissement de la rue de la république. Pour cela, une salle de 150 places sera reconstituée au rez de chaussée de la Halle aux toiles et 3 salles d’une quarantaine de places chacune seront installées au deuxième étage du bâtiment classé monument historique en 1941. Presque entièrement détruite en 1944 par des bombardements alliés durant la «semaine rouge » et reconstruite à l’identique après-guerre, son mur nord et la Fierte Saint-Romain étaient les seules constructions encore debout entre la Cathédrale et la Seine. Toutefois, contexte sanitaire oblige, le nombre de place sera moins important que prévu afin de laisser les espaces règlementaires entre les spectateurs. Le fonctionnement habituel (cartes de fidélité…) sera lui maintenu.

rouen.fr ©rouen.fr 

Cette transition s’inscrit dans le développement continu de l’Omnia, seul cinéma restant en centre-ville avec l’UGC de Saint-Sever. Faisant déjà partie des dix plus grands cinémas art et essai de France avec une fréquentation qui ne cesse d’augmenter (+8% l’année dernière) et qui a atteint 260 000 spectateurs en 2019, l’objectif de ces travaux est de lui permettre d’accueillir plus de 300 000 spectateurs par an. En moyenne, c’est déjà 25 films qui y sont projetés par semaine  et une cinquantaine d’avant-premières et 8 festivals y sont organisés chaque année.

dhnet ©dhnet

Sauver la Chapelle Darblay : notre responsabilité collective

23 mai

Usine nouvelle

A Grand-Couronne, l’usine presque centenaire de la Chapelle-Darblay recycle chaque année 350 000 tonnes de papiers et cartons issus du tri collectif pour les transformer en 250 000 tonnes de papier journal pour la presse et l’édition. Le site est crucial pour le recyclage français, sa production représentant 50 % de la consommation française de papier journal. De plus, il contient une chaufferie biomasse ayant la capacité de chauffer l’équivalent d’une ville de 20 000 habitants et une station d’épuration pouvant subvenir aux besoins de 400 000 habitants. Reprise dans les années 80 par UPM, une société finlandaise, elle compte encore à ce jour 236 salariés malgré un plan social en 2015 qui avait engendré le licenciement de plus de 170 salariés.

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Mise en vente par UPM en septembre 2019, la jugeant pas assez rentable en raison de la forte baisse de la demande de papier journal (diminution constante des tirages des journaux imprimés), elle a déclenché un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) début février, PSE qui doit se terminer en juin. UPM écartant toute reprise par un concurrent potentiel, il n’y a malheureusement, suite du retrait de son offre de reprise par le cartonnier belge VPK, aucun repreneur à l’heure actuelle. On se dirige donc vers la transmission à l’Etat d’un plan de sauvegarde de l’emploi le 15 juin prochain et en conséquence le licenciement des 236 salariés et par ricochet de près de près de 1 000 emplois indirects. Une catastrophe économique et sociale pour notre Métropole. Au niveau national, cette fermeture ne serait pas sans conséquences. En effet, le recyclage français du papier deviendrait presque inexistant et nous dépendrions de nos pays voisins, mais aussi du Canada et de la Scandinavie. Ces-derniers privilégieront leurs propres déchets, laissant peu de place aux nôtres, ce qui nous contraindra à en être réduit à devoir brûler ou enfouir nos vieux papiers et à nous obliger à devoir importer notre papier journal. De plus, le tri collectif perdra sa raison d’être, devenant un stockage inutile amené à être détruit, une ineptie écologique.

France 3

Ce drame a jusqu’ici suscité peu de réactions des politiques, excepté une visite sur site par Jean-Michel Bérégovoy dans le cadre des municipales et un courrier au Premier ministre du 12 mai dernier des parlementaires communistes de notre département et du maire de Grand-Couronne pour lui demander de sauver la papeterie. Ils ont proposé une reconversion temporaire de l’usine pour l’affecter à la production de masques de protection dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Force est de constater qu’à défaut d’une offre de dernière minute, peu probable dans le contexte actuel, par un industriel, une reprise en main, au moins de façon temporaire par l’Etat, idéalement épaulé par la région et la Métropole, apparait comme la seule solution pour pérenniser le site. Bercy étudierait une nationalisation temporaire mais rien ne filtre alors que le temps presse, le couperet tombant dans trois semaines. Nous devons faire pression collectivement pour qu’un engagement soit pris, conformément à ce que l’Etat envisage dans d’autres secteurs dans la crise que nous traversons. A l’heure où une unanimité se dégage sur l’impérieuse nécessité de relocaliser, nous ne pouvons laisser périr un fleuron de notre industrie.

Photos : © Usine nouvelle et France 3

Une urgence : adapter la charte des terrasses à Rouen

17 mai

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Le déconfinement est un accélérateur des changements dans nos villes, comme on vient de le voir pour le traitement de la place du vélo à Rouen. Il nous oblige à nous réinventer, ce qui peut être dans certains cas une bonne chose. Si tout va bien, les cafés et les restaurants rouennais vont enfin pouvoir rouvrir le 02 juin. Une délivrance, tant pour les commerçants dont l’activité a été foudroyée, mettant en péril leur existence même, que pour nous habitants, ces lieux étant essentiels pour le lien social et les loisirs. Exploitants comme clients vont devoir  s’adapter afin de respecter les règles sanitaires incontournables pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, notamment la distanciation sociale. La profession a depuis plusieurs semaines, engagée une réflexion et dégagé plusieurs pistes : installation de paravents entre les clients, disposition des plats sur une table d’appoint à proximité afin que le serveur n’ait pas besoin de s’approcher trop près des consommateurs….

Vilnius

Une ville qui a réouvert ses établissements depuis plusieurs semaines s’est vite imposée comme un modèle en la matière : Vilnius, la capitale de la Lituanie. Elle a décidé d’allouer une partie de ses espaces publics aux cafés, bars et restaurants pour leur éviter la faillite et leur permettre d’accueillir le plus de monde possible. Constatant que pour beaucoup d’entre eux, c’était très compliqué de respecter la règle de distanciation de deux mètres dans leurs salles, le Maire, avec le soutien de la population, a décidé de transformer la ville en un immense « café à ciel ouvert ». Il a ainsi accordé près de 300 autorisations temporaires de terrasses et les a offertes gratuitement. En parallèle, il a mis à disposition 18 espaces publics en plein air (squares, rues ou places piétonisées temporairement) pour l’installation de terrasses supplémentaires. En prévision de la pluie, il a suspendu provisoirement la charte de la ville et autorisé plus de souplesse dans l’utilisation de parasols, invitant les établissements à éviter les couleurs vives. Grâce à ces mesures, les cafés et restaurants ne désemplissent pas. Devant servir uniquement leurs clients en terrasse, ils disposent chacun d’un espace nettement agrandi afin de pouvoir respecter la distance de deux mètres entre chaque table. Il a également offert aux personnels de santé de la capitale des bons de restauration d’une valeur de 400.000 euros, en signe de reconnaissance mais aussi d’encouragement à consommer. Plusieurs villes comme Paris, Montréal ou San Francisco comptent s’inspirer de cette réussite.

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La ville de Rouen s’est dotée d’une charte des terrasses qui règlemente les occupations commerciales sur le domaine public et un arrêté municipal en date du 22 octobre 2013 réglemente le mobilier installé sur le domaine public (tables, chaises, parasols…), les enseignes commerciales et publicitaires, le fonctionnement des terrasses (horaires, musique, entretien…), leur agencement … Il est essentiel de la modifier, au moins de façon temporaire, pour permettre aux établissements de fonctionner en s’adaptant aux difficultés actuelles et de surmonter cette crise. Certes, cette crise va modifier les habitudes et les attentes des clients, qui vont à juste titre, vouloir que les restaurateurs privilégient les produits locaux et les circuits courts et développent leurs services de livraison, mais l’envie de convivialité et de lieux de rencontre restera elle inchangée.

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#PasSansPN

3 mai

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Le quotidien régional Paris-Normandie a une place à part dans notre patrimoine et dans notre histoire collective et ce, depuis 1944, date de sa fondation. Depuis plusieurs années, il est malheureusement confronté à de très importantes difficultés économiques (7 millions d’euros de dette) et a connu trois procédures judiciaires depuis 2012. Diffusé à un peu plus de 41000 exemplaires, il compte environ 22500 abonnés papier et 1500 abonnés web.

La crise du Covid que nous traversons a démultiplié ses ennuis financiers, mettant son existence en péril, les ventes au numéro s’effondrant et les annonceurs, n’y ayant presque plus recours (le journal aurait perdu près de 90% de ses revenus liés à la publicité). Les effets ont été immédiats : le journal est passé pendant le confinement de 7 éditions régionales à une édition mutualisée et de nombreux salariés (l’effectif s’élève à 213 personnes) se sont retrouvés en chômage partiel. Le 11 avril, la Direction a informé par mail ses salariés de sa volonté de demander la mise en liquidation judiciaire avec une poursuite de l’activité de sa régie publicitaire (RNP) et de sa société éditrice (SNIC). Le couperet est malheureusement tombé le 21 avril dernier, le tribunal de commerce de Rouen prononçant la liquidation du quotidien régional avec une prolongation d’activité de trois mois.

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La survie du journal et de ses emplois doit devenir notre priorité à tous, habitants, collectivités territoriales, entreprise, monde associatif… Même s’il est probable qu’il y aura un repreneur (la dette étant annulée), l’ »homme providentiel » n’existe pas, comme on l’a vu récemment et c’est bien de ses lecteurs et surtout de ses abonnés que dépendra sa survie et sa pérennitéIl est primordial que nous assurions massivement de notre soutien les salariés et le journal pour les aider à se relancer. Ils ont les outils, le professionnalisme et la volonté pour se réinventer, notamment sur les aspects numériques. Pour ce faire, nous pouvons nous abonner (via le site internet www.paris-normandie.fr ou le service abonnement joignable au 02 35 14 57 57) ou l’acheter le plus souvent possible, notamment lors de nos sorties pendant ce confinement, les tabacs et maisons de la presse le vendant et ce d’autant plus que la couverture de la crise que nous traversons est exemplaire.

 Soutenons-les !

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